Ivotoerana Fomongorana ny Valala eto Madagasikara

Stratégies et techniques d’intervention

La lutte préventive antiacridienne se base sur le dispositif d’avertissement acridien, constitué par le relevé et l’exploitation des données collectées sur un réseau de stations d’observations dans les aires grégarigènes dans le Sud et dans la région Sofia. Les dispositifs suivants contribuent à la mise en œuvre de la lutte préventive antiacridienne :

  • Un réseau de huit zones antiacridiennes (ZA) dans lesquelles officient trente-deux (32) postes antiacridiens (PA) dont chacun se chargera de 4 à 6 stations fixes d’observations préalablement actualisées
  • Ce dispositif est complété par un réseau de 70 postes pluviométriques opérationnels. En rajout au parc météo disponible, 100 nouveaux seaux pluviométriques à lecture direct et 40 stations météo automatiques.
  • La transmission à temps des informations avec l’utilisation des NTIC comme le Smartphone permettant de transmettre instantanément les données de prospection et de traitement, des matériels informatiques derniers cris permettant de recevoir et stocker les données de base
  • L’ensemble de ces données (météo et acridiennes) devra être traité avec un SIG alerte précoce qui constitue un outil d’aide à la décision au sein de la Direction technique.
  • Le dispositif comprend aussi un réseau de Brigades Villageoises de Lutte Antiacridienne (BVLA) ou Vondron’Olona Ifotony Miady amin’ny Valala (VOI MV), forme de participation paysanne qui constitue une interface structurée entre les agents antiacridiens et les paysans

Les techniques de surveillance et avertissement:

Le système d’avertissement repose sur l’analyse régulière (décadaire et mensuelle) de trois catégories complémentaires de données :les données météorologique, les données acridienne, et les données mésologiques.

Les données météorologiques essentiellement pluviométriques, sont collectées quotidiennement dans les 135 postes pluviométriques, transmises à Betioky chaque décade et compilées en temps réel sur une base décadaire et mensuelle. Les données ponctuelles issues des PP sont transformées en informations surfaciques pour fournir des cartes isohyètes qui prennent en compte les exigences pluviométriques du criquet migrateur. A Madagascar, les températures ne constituent que rarement un facteur discriminant de l’environnement du criquet migrateur. Son influence se limitant à la régulation des durées de développement, ce phénomène est essentiellement perceptible durant la saison fraîche. Les températures minimales et maximales collectées sur le terrain serviront donc principalement à la constitution de référentiels climatiques qui font actuellement cruellement défaut.

Les données acridiennes issues des prospections pentadaires (soit tous les cinq jours) ou décadaires (tous les 10 jours) des chefs PA sur les stations fixes des 25 PA mais aussi des prospections mensuelles itinérantes des chefs de zone antiacridienne, comme toutes les signalisations validées, constituent la matière première de l’information indispensable au Service d’avertissement. Ces informations sont ponctuelles puisque issues d’observations sur les stations (dans un ou plusieurs biotopes élémentaires). Il s’agit donc de les interpoler en informations surfaciques permettant de décrire la répartition spatiale de la structure des populations :

-par espèce : chaque situation à Locusta, Nomadacris ou mélange doit être clairement identifiée et distinguée ;

-par phase : solitaire, transiens, grégaire ; une attention particulière doit être portée à la présence de solitaro-trensiens qui permet d’identifier et de localiser les foyers de grégarisation ;

-par phénologie en retenant les stades significatifs en fonction du taxon :

Locusta : petites larves (éclosion, L1, L2, L3), grandes larves (L4, L5), imagos ; une catégorie particulière mérite d’être mentionnée : les jeunes imagos mous qui matérialisent les sites de reproduction réussie et soulignent un potentiel reproductif à surveiller ;

Nomadacris : petites larves, grandes larves, imagos immatures en diapause, imago submature en quiescence, imagos matures préparant la première ponte, imagos matures ayant pondu par densité, soit pour un stade phénologique particulier, soit en équivalent imagos par espèce pour une appréciation globale du risque.

Les données mésologiques (carte des biotopes et potentiel écologique) sont issues de l’actualisation de la carte des biotopes acridiens définis pour le criquet migrateur. L’ampleur et la rapidité des transformations environnementales dans le Sud sont tellement importantes qu’une actualisation de la carte des biotopes doit être programmée, tout au plus, tous les 5 ans, tant qu’il restera des formations ligneuses à attaquer pour produire du charbon de bois et pratiquer des « tavy » dévastateurs. Non seulement, le tapis végétal est affecté par ces destructions mais aussi la nature et la gamme des biotopes.

Les techniques de détection:

La prospection par voie terrestre qui peut se manifester par la prospection intensive, en relevant des données acridiennes effectuées à intervalles de temps réguliers (chaque décade) sur un nombre restreint de stations fixes d’observations (6 par poste) supposées représentatifs des biotopes de la région en vue de connaîtra la dynamisme et l’évolution spatio-temporelle des criquets. Mais également par la prospection extensive qui est une relevée globale des données acridiennes sur un itinéraire de déplacement fixé dans chaque zone afin d’avoir une idée ou une vision globale de la situation acridienne à un moment donné et connaitre l’évolution des criquets par rapport à l’espace. Il s’ajoute la validation des signalisations acridiennes qui se définie par la vérification des signalisations de présence ou d’infestations de criquets provenant des paysans ou autres entités (call Center du MPAE, ONG locales, Dispensaire, Gendarmerie, Commune…)

Les méthodes par voie terrestre peuvent être appliquées simultanément dans les huit zones antiacridiennes selon l’ampleur de la situation. Dans les DRAE hors AG, c’est à dire dans l’aire d’invasion, par contre, où les activités de lutte antiacridienne ne sont pas menées d’une manière permanente, ce sont surtout les signalisations qui font office de premières sources d’information à l’issue desquelles les validations sont faites par les techniciens formés. Parallèlement à la collecte des données acridiens, les données météorologiques sont toutes aussi importantes, surtout dans le cadre du système de lutte préventive. Des relevés météorologiques (pluviométrie, vent, humidité…) sont effectués quotidiennement par les Responsables des Postes Antiacridiens (RPA). L’ensemble des données (météo et acridiennes) sont ensuite exploitées par la Direction Technique à Betioky Sud en vue d’établir des diagnostics et pronostics acridiens (traduits sur des cartes de iso-potentiels acridiens de niveaux 1 à 5) devant servir pour orienter les actions futures de détection et/ou d’interventions.

Les techniques d’intervention:

Les techniques d’interventions antiacridiennes définies par le Centre se basent sur plusieurs niveaux d’interventions suivant l’importance de la situation acridienne. Les interventions antiacridiennes peuvent être faites suivant deux manières.

1/L’intervention terrestre peut être léger en cas de défense rapprochée des cultures et d’intervention au niveau des PA où les infestations sont de l’ordre de dizaine à une centaine d’hectares à proximité des zones de culture (niveau 1) ; et lourd en cas d’infestations de plusieurs centaines à quelques milliers d’hectares pour lequel des équipes mobiles de lutte sont organisées, utilisant des agents de traitement temporaires sous la supervision des chefs de zones et des agents d’interventions (niveau 2 à 3). Pour avoir plus de rendement, un appareil autoporté peut être aussi utilisé particulièrement sur les terrains dégagés et non accidentés

2/L’Intervention aérienne, organisée lorsque les infestations sont de l’ordre de dizaine de milliers d’hectares (niveau 3 à 4).

  • Système d’information:

La gestion de l’information est un élément capital dans la mesure où les données acridiennes et antiacridiennes qui sont acheminées à travers différentes étapes techniques sont traitées, analysées et condensées avant de pouvoir être diffusées sous forme de situation synthétique acridien et antiacridienne. La création d’une Direction chargée du système d’information et de la communication (DSIC) au sein de l’IFVM a justement pour but de répondre efficacement à une bonne circulation des informations, sa rapidité, sa fiabilité et sa diffusion auprès du Ministère de tutelle et des partenaires. Les actions menées devraient être rapportées périodiquement de manière claire et les outils relevé, de transmission et de communication doivent être en mesure de faciliter la circulation des informations.

  • Représentations et partenariat:

En dehors des relations avec les partenaires techniques et financiers participant aux appuis au Centre, différents partenaires techniques et stratégiques locaux ont été établis pour assurer soit la collecte des données techniques (commune, Météo, Gendarmerie) et la communication de proximité (Radio nationale, Radio locale).

Famonom-balala voafehy, fambolena sy fiompiana mahomby